Athlétisme : La piste aux étoiles

Les différentes pistes qui ont accueilli les épreuves d’athlétisme de 1979 à 2015 aux Jeux des Îles de l’Océan Indien (JIOI) ont vu défiler des stars: champions d’Afrique, finalistes et médaillés des mondiaux d’athlétisme et des Jeux olympiques. Les révélations, les confirmations, les surprises et les déceptions il y en a eu pendant ces neuf dernières éditions des JIOI et il en sera de même en 2019 à Maurice.

La plus grosse surprise des JIOI 1979 a été la victoire des Seychelles aux 100m, 200m et 400m masculin. Le Réunionnais Jean-Louis Prianon, 19 ans, s’est révélé intraitable avec un triplé-3000m SC-5000m-10000m. Neuf ans plus tard, Prianon a terminé au pied du podium au 10 000m, aux JO de Séoul, en 1988.

Maurice fait tomber Sangouma

D’autres athlètes réunionnais, membres de l’équipe de France, à l’instar de Daniel Sangouma, ont aussi participé à la fête sportive de l’océan Indien. Sangouma, médaillé d’argent au 4 x 100m à Tokyo en 1991 avec l’équipe de France, a enregistré le doublé 100m-200m en 1993 aux Seychelles, mais il est tombé face au quatuor mauricien au relais 4 x 100m. À l’image de Sangouma, Maurice a aussi chuté en 1993 avec seulement 9 médailles d’or remportées contre 14 en 1990.

Les JIOI 1985 à Maurice ont vu l’éclosion des talents qui ont fini par briller au-delà des eaux de l’océan Indien. La Réunionnaise Odile Singa, vainqueur au 100m, a concouru au niveau mondial avec l’équipe de France, la Mauricienne Sheila Seebaluck, gagnante du 800m, est devenue médaillée de bronze aux championnats d’Afrique sur cette distance en 1988 et la démonstration de l’élégant Judex Lefou au 110m haies a été étendue sur l’échiquier africain avec trois sacres (1987, 1991 et 1992). Les qualités des coureurs malgaches dans les épreuves d’endurance ont aussi tapé dans l’œil.

À Tana en 1990, les Mauriciens ont fait presque jeu égal avec les Malgaches dans la chasse à l’or (14 contre 16). Patrick Moonsamy (3000m SC) et la regrettée Maryse Justin (marathon) ont causé la surprise. Toutefois, le relais 4 x 100m masculin, donné favori, a laissé filer l’or.

La compétition en athlétisme en 1998 a été une année de transition où plusieurs anciens ont tiré leur révérence après les Jeux. Certains ont confirmé leur position à l’image du Malgache Haja Ramananjatovo triple médaillé d’or (5000m – 10,000m-marathon), la Réunionnaise Chantale Dallenbach (1500m, 5000m et marathon) et la Mauricienne Caroline Fournier (poids, marteau). Le jeune sprinteur mauricien Julian Hogan au 200m, vainqueur en 20.99 secs, et la démonstration d’Eric Milazar au 400m ont été appréciés. Il y a eu aussi la victoire et la confirmation du longiligne Khemraz Naiko (2m22) au saut en hauteur, sept fois médaillé sur l’échiquier africain, dont une en or en 1996 et aussi recordman d’Afrique avec 2m28 en 1998. Au classement des médailles d’or, Madagascar en prend 19, alors que Maurice (13) bat La Réunion d’une tête (12).

2003, la meilleure

En 2003 à Bambous, Maurice a connu sa plus belle moisson de médailles en athlétisme avec 20 métaux en or. Le public s’est déplacé en grand nombre pour voir à l’œuvre Eric Milazar (deux fois finaliste des championnats du monde 2001 et 2003, trois fois champion d’Afrique aux 400m: 2000, 2002 et 2004) et Stephan Buckland (3 fois médaillé sur le continent africain, trois fois finaliste sur 200m aux mondiaux d’athlétisme et finaliste des JO en 2004 au 200m).

En masculin, dans les épreuves de sprint, Maurice a confirmé sa suprématie avec des victoires aux 100m, 200m, 400m, 400m haies, 4 x 100m et 4 x 400m. Le demi-fond mauricien a été à l’honneur avec la victoire de Menon Ramsamy (10,000m) et celle de Dharamjai Jeetun (5000m).

La 7e victoire de Fabrice Coiffic

Retour à Madagascar en 2007, Stephan Buckland déclare forfait pour cause de blessure et c’est Fabrice Coiffic qui le remplace dignement. Ce dernier remporte trois médailles d’or (100m, 200m et 4 x 100m) et récidive aux Seychelles en 2011.

La moisson de médailles d’or à Madagascar en 2007 tout comme celle aux Seychelles en 2011 et à l’île de La Réunion en 2015 n’a pas été conséquente. Le déclin a été tangible : de 11 en 2011 on est passé à 9 en 2015. Même si Fabrice Coiffic, en 2015, a pu s’approprier une septième médaille d’or, devenant l’athlète mauricien au plus grand nombre de médailles d’or de l’histoire de l’athlétisme aux JIOI et que Nicholas Li Yung Fong a décroché une quatrième médaille d’or au lancer du marteau (2003, 2007, 2011 et 2015), l’athlétisme local n’a pas atteint la moyenne de médailles qu’il récolte habituellement.

Rodrigues à l’honneur

La plus belle victoire mauricienne dans cette discipline est sans conteste celle d’Antoinette Milazar au semi-marathon. En 2019 cette épreuve trouvera refuge à Rodrigues et Milazar aura à cœur de défendre en ses terres.

Dans deux ans à Maurice, l’athlétisme a le potentiel de redorer son blason avec les Jean Yan Degrace, Bernard Baptiste et Mohammad Dookhun entre autres. Toutefois, Maurice pourrait être coupé dans son élan par les Malgaches et les Comoriens de même que les Maldives qui, en 2015, avaient remporté le 100m masculin.

L’inclusion du handisport

Le handisport fait aussi parti des JIOI depuis 1993. Hewlett Nelson et Daniel Ozeer ont été nos dignes représentants. Depuis, le handisport a gagné du terrain, et le nombre d’épreuves dans cette discipline a constamment augmenté. Quatre catégories sont proposées en masculin et féminin: handicap oral (200m et saut en longueur) ; handicap mental (100m, 800m, saut en longueur et lancer du poids) ; handicap physique (1500m fauteuil) et handicap visuel (100m).

En 2015 à La Réunion, nos handisportifs ont rapporté onze médailles d’or. Henri Marianne, Anndora Ausaun, Stéphan Louis, Jean-François Sénèque, Didier Julie, Ashley Telvave, Denovan Rabaye, Cédric Ravet et Brandy Perrine ont tous remporté une médaille alors que Vincent Duval s’est offert un doublé.