FOOTBALL : La plus convoitée des médailles d’or

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L’or, en football, reste sans doute le métal le plus convoité aux Jeux des Îles de l’Océan Indien (JIOI). Indissociable des événements sportifs planétaires et du programme des JIOI, le sport-roi, est présent à ces Jeux indianocéaniques depuis 1979. C’est l’île de La Réunion qui a été la plus régulière dans cette discipline en remportant quatre des sept finales qu’elle a atteintes avec 100% de réussite à domicile.

Démonstrative en 1979, La Réunion a inscrit 18 buts avant d’arriver en finale contre les Seychelles qu’elle a battues 2-1. La victoire réunionnaise sur ses terres porte les griffes de Fred Bachelier, Dominique Aure et Pascal Défour.

Les Comores ont pris la médaille de bronze sur tapis vert, car Maurice a été sanctionné. Représentés par des joueurs tels que Ramrekha, Espitalier-Noël, Jacquotte et l’Enflé, ils n’étaient pas arrivés au stade à temps pour le match. Les raisons sont d’ailleurs restées floues jusqu’ici, et le mystère n’a jamais pu être élucidé.

Ce n’est que partie remise pour les coéquipiers d’Hedley Jacquotte, qui, en 1985, pour préparer au mieux la conquête du titre, ont fait appel à un technicien allemand, Helmut Koshmel, secondé par le regretté Mamade Elahee. Dieu sait si le technicien mauricien a pu faire comprendre à l’Allemand la logique de «boule rond, la plaine karé !!».

Sacré L’Enclume

Maurice a écarté les Seychelles, Madagascar et les Comores de son chemin pour retrouver La Réunion en finale. Après un score de 4-4 à la fin du temps réglementaire, le portier mauricien, Désiré L’Enclume, a envoyé l’équipe mauricienne au septième ciel, de par ses arrêts spectaculaires lors de la fatidique séance de tirs au but, désignée du côté de la rue Pasteur.

S’ensuivit un défilé sans pareil de Curepipe à Rose-Hill pour fêter la victoire des héros locaux. La liesse a été plus ou moins similaire en 2003 lors du remake de la finale de 1985. Au bout d’un match à suspense, Jean-Marc Ithier et consorts, à la satisfaction affichée du Premier ministre d’alors, sir Anerood Jugnauth, a pu prendre le dessus sur La Réunion (2-1). Pour saluer la symbiose entre le Club M et ses fans, le stade Georges V fraichement rénové (New George V), a ouvert les portes d’accès de sa pelouse pour permettre aux champions de savourer leur succès tout près de son public.

La plus grande finale

Quant à la Grande île, elle a réalisé le doublé (90-93) contre Maurice et La Réunion respectivement. Les frères Haja, Fidy et Rado Rasoinaivo, Harry et Setra, entre autres, ont donné une démonstration de leur talent, notamment lors de la finale de 1993 reconnue pour avoir été l’événement de plus haut niveau dans l’histoire des Jeux.

Toutefois, les Réunionnais remporteront plus de médailles d’or en 1998 et 2007 en prenant une douce revanche sur Madagascar. En 1998, Jean-Pierre Bade et sa bande ont été les acteurs d’un match à rebondissements où ils ont trouvé l’égalisation à la 96e (3-3), pour ensuite être plus lucides lors de la séance de tirs au but. Neuf ans plus tard, soit en 2007 dans la Grande île, Gorée, le portier réunionnais, a été la source d’inspiration qui a montré la voie aux siens en finale.

Puis en 2015, Jean Pierre Bade, médaillé d’or en 1998, a récidivé, mais en tant qu’entraîneur, contre l’invitée surprise de la finale, Mayotte, dans un match à sens unique.

Les Réunionnais demeurent ainsi le roi de l’océan Indien en football avec quatre victoires, devant Madagascar et Maurice et leurs deux victoires alors que les Seychelles en comptent une (2011).

Et qui sait, peut-être qu’en 2019 à Maurice, le Roi Georges V couronnera à nouveau le pays hôte dans un autre remake de 1985-2003.