Des sœurs unies par la fonte

La vie ne leur a pas souvent fait de cadeau, mais le sport si. Emmanuella Lent-Labonne et Ketty Lent sont les prodiges de l’haltérophilie. Ces deux sœurs ont su surmonter les obstacles, se battre quand la vie ne leur avait donné aucune raison de le faire et se relever après les coups durs. Aujourd’hui, grâce au sport, elles sont comblées.

Le sport justement a toujours occupé une place de choix au sein de la famille Lent. L’inspiration n’a jamais manqué. Entre des frères qui ont pratiqué le football et l’athlétisme et surtout un père qui a toujours encouragé ses enfants, le destin avait été déjà écrit d’avance.

Au crépuscule de sa carrière, Emmanuella, 33 ans au compteur, a toujours faim de performances. D’ailleurs, son ambition pour clore 16 années passées au plus haut niveau reste le triplé en or aux Jeux des Iles de l’Océan Indien.  Elle l’a déjà fait en 2015 à l’Île Sœur et travaille maintenant pour rééditer cette performance.

Elle participera à ses 5e Jeux des Îles après les éditions de 2003, 2007, 2011 et 2015. Lors des trois premières éditions, elle avait toujours obtenu l’argent. « Je savais que mon heure allait venir. Ma patience et ma foi en Dieu m’ont toujours permis d’avancer. Désormais je veux finir cette carrière en beauté avec trois médailles d’or aux JIOI », explique la doyenne de la sélection.

Sa catégorie de prédilection reste le -69kg. Un groupe où elle s’est illustrée tant en Afrique qu’au cours des Championnats du Commonwealth. Dans son escarcelle, il y a une médaille d’argent acquise en 2016 au cours des Championnats d’Afrique, mais aussi deux autres décrochées l’année derniêre à Vacoas.

« Elle est obligée »

Sa sœur Ketty est considérée comme l’étoile montante de l‘haltérophilie. Elle a déjà un beau palmarès du haut de ses 17 ans. Nul besoin d’aller chercher très loin pour comprendre ce qui l’a poussée à se mettre à soulever de la fonte. « J’avoue que j’étais un peu curieuse et je voulais en savoir plus. Elle m’a encouragé à m’y mettre chaque jour. Aujourd’hui, je n’ai aucun regret », souligne Ketty non sans avoir lancé un regard complice à sa grande sœur.

Dans les moments de doute, la benjamine d’une fratrie de cinq enfants sait qu’elle peut toujours compter sur sa grande sœur pour la conseiller. Et dans ce domaine, elle reste une référence après avoir longtemps bourlingué. Elle a pratiquement tout connu dans le sport. Je sais que je peux compter sur elle à n’importe quel moment. De toute façon elle est obligée de m’aider, c’est elle qui m’a mise sur cette voie », confie Ketty dans un éclat de rire.

Natives de Saint-Pierre, elles s’entrainent toutes deux quotidiennement au Centre national d’haltérophilie à Vacoas. Sous la houlette de Gino Sooprayen, Ravi Bhollah et Mu Honghe le directeur technique national (DTN), elles se perfectionnent chaque jour. « Notre ambition est de toujours faire résonner le Motherland. Il n’y a pas meilleure sensation surtout quand vous savez que vous avez travaillé dur pour cela », explique Emmanuella.

La Fédération mauricienne d’haltérophilie tout comme le ministère de la Jeunesse et des Sports ont déjà établi un plan d’action dans cette discipline en vue d’une belle moisson pour JIOI 2019. Il n’y a pas de doute qu’avec l’apport de ces deux sœurs, la mission soit bien partie pour être une vraie réussite.